« Pour son deuxième livre en solo, Frédéric Boilet a choisi de vivre lui-même l’aventure qu’il relatait, et d’avancer dans son récit avant d’en connaître le dénouement. 36 15 Alexia commence par une rencontre sur minitel. Elle est mannequin professionnel ; il lui arrache des confidences qui exacerbent son désir, mais qui vont peu à peu se révéler mensongères. Alexia s’offre et se dérobe, elle promet et ne tient pas, elle se laisse filmer mais n’honore pas ses rendez-vous. Elle prendra finalement l’initiative de la rupture, mais, la fiction ayant des droits sur le réel, c’est au dessinateur qu’il appartient de doter l’album d’un fin qui l’agrée.
Moderne dans son propos comme dans sa forme, 36 15 Alexia fait l’objet d’une mise en abyme astucieuse, et procède par ruptures de style successives. Boilet démontre avec un réel brio la plasticité d’un médium qui sait faire fusionner les catégories du vrai et de l’imaginaire. Sans doute vient-il de signer l’une des premières bandes dessinées portant la marque des années 90. »
Le Monde - 2 mars 1990
▪ Entretien avec Frédéric Boilet en 1997, à propos de 3615 Alexia
▪ Entretien avec Frédéric Boilet en 2005, à propos des rééditions de son travail par Ego comme X



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