• SIDA MENTAL

  • Format 12 X 19 cm
    96 pages
    ISBN 2-910946-58-4

  • publication : 25 août 2006

  • 12 euros

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    L’eau de la douche glacée me fouette le visage. Je glisse dans la baignoire. Je tombe. Ma morve coule dans ma bouche. Je suffoque. Tu es fatigué ? Ah, tu es fatigué ! Et ben je vais te rafraîchir les idées ! Je suis nu. Je me tiens les côtes. Je claque des dents. Je tremble de froid. J’ai envie de hurler. De lui dire d’arrêter. Que je n’en peux plus. Que ça suffit. Qu’elle est folle.

    SIDA MENTAL est la réminiscence fragmentaire d’une enfance passée à l’ombre du féminisme et des dérives militantes de la génération du baby-boom. Le récit, servi par une écriture tranchante et offensive, couvre ces années où la libération des murs et des consciences s’est accompagnée d’un renversement des repères, générateur d’un profond désarroi. Explorant sans complaisance les difficultés et les frustrations auxquels il a été confronté dans l’enfance par une mère tyrannique et un père absent, l’auteur donne, au travers d’un kaléidoscope violent, où la découverte de la sexualité occupe une grande place, un témoignage particulièrement incisif sur toute une génération.


    « Quelqu’un de particulièrement pertinent mais pas spécialement jovial a dit un jour : « Vivre, c’est survivre à un enfant mort ». Ainsi si nous sommes tous, en notre peu enviable statut d’adultes, des survivants, nous n’avons pas tous faits les mêmes guerres.
    Il serait malséant d’évoquer l’autobiographie de Lionel Tran avec un pathos qu’il ne convoque jamais ou d’un regard compassionnel qu’il ne réclame pas.
    Le déferlement de violence qui ne cesse de contrarier cette jeune pousse nous saisit sans nous surprendre. Dès le début, dans cette couveuse qui imite pitoyablement une chaleur maternelle qui ne saura pas trouver son chemin.
    Dès le début, nous sommes invités à suivre le parcours en milieu hostile d’un enfant qui aurait besoin de remplacer la menteuse chaleur de la couveuse.
    Mais l’ambiance de la cité, la brutalité des grands, les frustrations abyssales de la mère, les innombrables lois de la jungle n’offrent pas beaucoup de répits.
    Cette adversité de (presque) tous les instants Lionel Tran nous l’indique comme une information météorologique, il nous signale simplement que sa petite barque est régulièrement secouée par des avis de tempêtes, voilà c’est tout, il faut le savoir, ça n’a pas été facile, ça a secoué sec. Les repères chronologiques/topographiques nous montrent aussi que le chemin fut plein de méandres. On croit avoir quitté la zone de turbulence de l’enfance parce qu’une date nous enseigne que Lionel a dix-huit ans, qu’il vit donc d’autres turbulences, puis le compteur revient à l’enfance, au moment d’une autre blessure, d’un autre coup de vent. Tout passera par la douleur, le sang et la honte, même ce qui revient à la joie dans les contes de fée. Et la découverte, précoce, des corps nus de ces femmes qui ne se gênent pas pour lui, pour si peu, constituera une expérience certes excitante mais si tortueuse.
    Pour se défendre il faudra payer tribut, par des fausses insensibilités, par le sadisme, par la torture infligée à plus petit que soi. Parce que c’est le rôle des plus petits que soi de subir. Jusqu’au moment où il peut enfin poser des mots sur ce gâchis insensé. Il ne répare rien, ça lui permet de survivre à tout ce qui a dû mourir en lui pour qu’il soit encore là, à façonner de la vie et de l’amour, au cas où… »
    Marc Lasuy, janvier 2016

    N.B : après sa publication originale par Ego comme X, Sida Mental a connu une traduction en espagnol que vous pouvez découvrir ici.

    propos de Lionel Tran sur buzz-littéraire.com

    chronique de ce livre sur le site remue.net
    chronique de ce livre recueillie sur le site terrenoire
    compte rendu et lecture de Bruno Lalonde en mars 2013

    couverture
    couverture
    articles de presse (espagne)
    articles de presse (espagne)
    extrait
    extrait