Aristophane photographié par Dominique Hérody

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  • Témoignage de Loïc Néhou

    En 2005, à la mort d’Aristophane


  • Je fus un peu surpris en arrivant à Paris, sortant du métro à Pigalle, pour lui rendre visite, de constater qu’il habitait dans le quartier le moins en accord avec son ascèse personnelle. Il occupait alors une chambre exiguë, presque sans fenêtre. Juste une vitre dépolie donnant sur un mur, faisant office de puits de lumière. Sa table de travail était sous son lit en minuscule mezzanine.

    Il produisait là, des pages d’une incroyable beauté, en couleurs directes où jamais, je n’avais vu Paris aussi bien restitué. Son trait apparemment allusif était en fait d’une acuité incroyable. Il rendait compte du moment de la journée et jusqu’aux types de voitures stationnant dans les rues. Nous devions éditer ce livre ayant pour titre provisoire : Les étapes de la montée de la crainte et du désespoir.

    Peu de temps après, il eut un triste accident qui lui brûla gravement les mains et le visage. Au terme de longs séjours en hôpitaux, il recommença à m’écrire. Au fil des lettres, son écriture redevenait peu à peu celle que je lui avais toujours connue. Puis je reçus de nouvelles pages. Il avait récupéré toute sa maîtrise graphique, mais il avait abandonné le projet commencé quelques temps plus tôt.

    Aristophane est décédé brutalement le 11 mai 2004. J’avais publié en 1996, sa dernière œuvre : Les Sœurs Zabîme. L’un de ses plus beaux livres. Assurément le plus serein. Le seul d’ailleurs qu’il ne reniera pas par la suite.

    Jamais je n’ai eu ce sentiment d’un être ainsi relié au reste de l’univers.

  • Les livres de

  • LES SŒURS ZABÎME
  • EGO COMME X n°6
  • EGO COMME X n°5
  • EGO COMME X n°4
  • EGO COMME X n°3


  • Lecture gratuite en ligne:

  • Les Sœurs Zabîme (récits courts)
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